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NATIONAL

Kabila à la tête du FRN : la Belgique dénonce une voie « illégitime » et appelle au dialogue

LUNO 22 octobre 2026 54 lectures

La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire dirigée par l’ancien président congolais Joseph Kabila, suscite de vives réactions sur la scène internationale. La Belgique a fermement condamné cette initiative, mettant en garde contre le recours aux armes pour accéder au pouvoir et appelant les protagonistes de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) à privilégier le dialogue.

Par la voix de Maxime Prévot, vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Bruxelles a dénoncé, mercredi 21 octobre, la création de ce mouvement, qui intervient dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales congolaises et les groupes armés opérant dans l’Est du pays.

Selon la diplomatie belge, cette démarche ne saurait constituer une voie légitime vers la stabilité politique, la paix et la démocratie. La Belgique réaffirme ainsi son opposition à toute tentative de conquête du pouvoir par la force et insiste sur la nécessité d’une solution politique négociée.

« Cette voie est illégitime et ne conduit ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie », a fait savoir la position belge, qui privilégie une résolution pacifique du conflit.

La Belgique met en garde contre une nouvelle escalade militaire

Pour Maxime Prévot, l’intensification des affrontements ne ferait qu’aggraver les souffrances des populations civiles, déjà durement touchées par l’insécurité et les conséquences humanitaires du conflit dans l’Est de la RDC.

Le chef de la diplomatie belge rappelle que son pays défend depuis longtemps une approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions pacifiques, estimant qu’aucune victoire militaire ne permettra de résoudre durablement cette crise.

« La Belgique a toujours défendu une approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions pacifiques, convaincue qu’il n’existe aucune solution militaire au conflit », a-t-il déclaré.

Il a également souligné que toute nouvelle escalade armée risquerait d’alourdir davantage le bilan humain d’une crise dont les premières victimes restent les populations civiles.

Face à cette situation, Bruxelles exhorte toutes les parties impliquées à renoncer à la logique de confrontation et à s’engager résolument dans les négociations.

« Cette violence insensée doit stopper. La Belgique exhorte dès lors toutes les parties à demeurer plus que jamais sur le chemin du dialogue et de la négociation. C’est la seule approche raisonnable et responsable », a insisté Maxime Prévot.

Doha et Washington, des cadres diplomatiques à préserver

Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante sur le terrain, la Belgique estime que les processus de Doha et de Washington restent des mécanismes importants pour parvenir à un règlement de la crise, malgré la lenteur des avancées diplomatiques et la persistance des combats.

Le processus de Washington, soutenu par les États-Unis, vise notamment à favoriser la désescalade entre Kinshasa et Kigali. Celui de Doha, quant à lui, constitue un cadre de négociation destiné à traiter le conflit opposant les autorités congolaises à l’AFC/M23.

Pour le responsable belge, l’existence de ces mécanismes représente une opportunité qu’il convient de préserver, même si leurs résultats tardent à se concrétiser sur le terrain.

« Malgré la situation sur le terrain et la lenteur des progrès des processus de Doha et de Washington, ils ont le mérite d’exister et d’offrir un cadre d’échange accepté par toutes les parties », a-t-il souligné.

Maxime Prévot a par ailleurs rappelé que de nouvelles réunions sont prévues dans le cadre de ces deux initiatives au cours de ce mois et du mois prochain. Il a également salué les récentes démarches des cofacilitateurs de l’Union africaine, qui se sont rendus à Kinshasa, à Goma et à Kigali afin de contribuer aux efforts de médiation.

Selon lui, ces initiatives diplomatiques constituent des leviers essentiels pour rapprocher les positions des différentes parties et éviter une aggravation de la crise.

Bruxelles promet de poursuivre ses efforts diplomatiques

La Belgique entend maintenir son soutien aux initiatives de paix et plaider pour l’application effective des engagements pris par les protagonistes du conflit.

Maxime Prévot a annoncé qu’il poursuivrait ses consultations avec ses homologues de la région, les responsables de l’Union européenne ainsi que les pays impliqués dans les efforts de médiation. Ces échanges doivent notamment permettre d’évaluer les réponses que la communauté internationale pourrait apporter à cette nouvelle évolution de la crise congolaise.

« La Belgique continuera à soutenir fermement les processus de Doha et de Washington, ainsi qu’à plaider pour la mise en œuvre intégrale et de bonne foi des engagements qui y ont été pris », a-t-il affirmé.

Le ministre belge a également fait part de sa volonté de coordonner les positions diplomatiques afin de faire face à toute initiative susceptible de compromettre les négociations en cours.

Cette prise de position intervient alors que les hostilités se poursuivent dans l’Est de la RDC, malgré les engagements diplomatiques conclus entre Kinshasa et Kigali à Washington et les discussions engagées dans le cadre du processus de Doha.

Des accords de paix toujours confrontés à la réalité du terrain

La persistance des affrontements met en évidence les difficultés rencontrées dans l’application des engagements pris par les différentes parties. Malgré les multiples appels au respect des accords et à la retenue, les résultats demeurent limités dans les zones affectées par le conflit.

Chaque protagoniste continue par ailleurs de défendre sa propre interprétation des dispositions convenues, compliquant davantage leur mise en œuvre et alimentant les incertitudes quant aux perspectives d’un règlement durable.

Dans ce contexte, la création du FRN sous la direction de Joseph Kabila vient ajouter une nouvelle dimension politique et militaire à une crise déjà complexe. La réaction de la Belgique traduit ainsi une préoccupation croissante face au risque de voir les initiatives diplomatiques fragilisées par la poursuite des stratégies armées.

Au-delà des déclarations et des engagements internationaux, le principal défi reste désormais de traduire les avancées enregistrées autour de la table des négociations en améliorations concrètes de la situation sécuritaire et humanitaire.

L’appel de Bruxelles s’inscrit donc dans une volonté de maintenir ouvertes les voies diplomatiques, tout en rappelant que la stabilité de la RDC ne pourra être durablement assurée par la force des armes, mais par un processus politique crédible, inclusif et respectueux des engagements pris.

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